Le supplice du crabe

C’est rarement que l’on pense aux crustacés lorsqu’on aborde le sujet de la conscience ou de la lutte pour la protection animale. Pourtant la science le reconnait maintenant, ils sont eux aussi capables de ressentir la douleur et de souffrir. Pour autant on réserve souvent à ces êtres sensibles un sort d’une incroyable cruauté en les cuisinant alors qu’ils sont toujours vivants. Nous vous proposons donc une plongée à travers les yeux d’un crabe ayant finit ses jours dans les cuisines d’un restaurant. Nous l’avons questionné à l’aide de la communication animale sur son rapport à l’Homme, et sur sa perception du destin que nous offrons à ses semblables.
Voici la retranscription de notre discussion.

C’est la première fois que vous entendez parler de communication animale ? Pour en savoir plus, lisez notre article d’introduction

Conscience de Crabe

Le Crabe : « Bonjour, qui es-tu ? »
Pierre : « Bonjour cher crabe. Je m’appelle Pierre, je suis un humain. Je suis accompagné d’Eléa. »
Eléa : « Bonjour. »
C : « Bonjour amis humains. Quelle étrange rencontre. Qu’est-ce qui vous incite à venir ici me parler ? »
P : « Nous avons des questions à te poser pour mieux comprendre ton espèce. »
C : « Ah, très bien. Allez-y. »
P : « D’abord nous aimerions savoir si vous ressentez la douleur. »
C : « Oui, bien sûr, nous recevons cette information. Ça nous aide à survivre. »
P : « D’accord. Et est-ce que vous pouvez parfois ressentir des douleurs qui soient d’un niveau insupportable ? »
C : « Non, la douleur, nous la gérons. C’est une information. Elle nous permet de rester en vie, rien de plus. »

La réponse à la question de la douleur était donc assez claire. Nous voulions maintenant en savoir plus sur le niveau de conscience que peuvent avoir les crabes.

E : « Est-ce que les crabes ont une conscience individuelle ? »
C : « Oui, tout à fait. Nous avons une conscience chacun à notre niveau, mais la conscience supérieure est très présente en nous. Elle nous guide, elle nous gouverne en tant qu’espèce. Elle nous passe des messages. A travers elle nous communiquons peu importe l’endroit. »
P : « C’est à dire que vous pouvez faire passer des messages aux autres crabes à travers la conscience supérieure ? »
C : « Oui, pour les prévenir de quelque chose, leur donner des informations qui peuvent être importantes. Sur un événement, sur des choses auxquelles il faut prendre garde. Sur les choses positives aussi : les endroits où il fait bon vivre, où nous pouvons nous développer. »
E : « Quel est le but de la vie d’un crabe ? »
C : « Je ne sais quel est ce but, s’il y en a un. Nous vivons, c’est déjà beaucoup. Nous confions notre existence à l’âme supérieure. C’est elle qui décide de notre chemin. »

Les crabes semblent donc faire partie de ces animaux qui ont conscience d’eux-mêmes mais qui sont fortement influencés par une « âme groupe », une sorte de conscience collective qui les guide tout au long de leur existence.
Une fois ces bases posées, nous pouvions maintenant en venir au cœur de notre questionnement : les rapports entre les crabes et les hommes.

L’Homme, prédateur incohérent

E : « Nous nous interrogeons aussi au sujet de la façon dont les humains vous pêchent et vous tuent pour vous manger. Quel est ton avis sur la question ? »
C : « Oui, vous n’êtes pas les seuls. Beaucoup d’autres animaux essaient de nous manger. C’est ainsi. Cela fait partie de notre vie. Nous essayons d’échapper aux prédateurs. Quand ce n’est pas possible, alors cette vie se finit. Il n’y a pas de mal en cela. Chacun fait ce qu’il doit faire pour vivre. »
E : « Les humains n’ont pas forcément besoin de manger des crabes pour vivre, et parfois leurs méthodes de pêche peuvent mettre en danger des espèces entières. Que penser de cela ? »
C : « Alors il y a dérèglement. C’est l’esprit supérieur qui gère ces apsects pour nous, il nous protège de ce genre de dérives quand c’est possible. Je ne comprends pas pourquoi l’humain ferait cela. S’il en est conscient, ce n’est pas cohérent. »
E : « Malheureusement certains humains sont très coupés de leur conscience et de la nature aussi, et ils peuvent être très destructeurs par rapport à la nature. C’est ce qui nous attriste parfois. »
C : « C’est un comportement dangereux. »

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Le supplice du crabe

E : « Nous faisons partie de ces humains qui ont décidé de manger uniquement des végétaux puisque nous savons que c’est meilleur pour notre santé, et que cela nous plait de pouvoir laisser les espèces animales vivre en paix dans la nature selon leur propre chemin. Cependant les humains qui mangent des animaux vous cuisinent, et la cuisine traditionnelle enseigne qu’il faut vous faire cuire vivants et vous faire endurer tout un tas de de supplices.
Du coup nous aurions voulu savoir si tu pouvais témoigner de cela. »

Exemple : Dans la recette de la « sauce américaine » inscrite au patrimoine culinaire français, les étrilles (l’espèce de crabes utilisée) sont jetées vivantes dans un fond d’huile bouillante avant d’être flambées, puis enfin réduites en bouillie à grands coups de pilon.
C : « J’ai vécu ce dont tu parles. Je n’ai alors pas compris grand chose de ce qu’il se passait, mais une grande détresse s’est emparée de nous, mes congénères et moi. Nous sentions une intension néfaste à notre encontre.
La fatigue. Nous étions en état de survie. Et puis d’un coup, une sensation que je ne connaissais pas a envahi mon corps. C’était une douleur différente de celle que je connaissais, comme une vague, qui m’a emporté. 
C’est un bien étrange prédateur qu’est l’homme. Nous avons enduré une longue captivité, pour mourir d’une manière contraire à ce que la nature prévoit pour un crabe comme moi. Il n’y avait pas de cruauté, mais une grande indifférence face à notre mort. C’était cela le plus étonnant. 
Je ne comprends pas pourquoi vous nous faites subir ces choses là. 
Mais si vous devez le faire alors ne soyez pas indifférents. Faites en sorte que notre souffrance soit la plus brève possible, et accompagnez nous par la pensée. Cela nous aidera à continuer le chemin. »
E : « Je suis vraiment désolée que les humains abordent avec autant d’indifférence ce don que vous faites de vos vies pour pouvoir nous nourrir. J’espère pouvoir montrer petit à petit aux humains qu’il existe d’autres manières de se nourrir puisque nous n’avons pas besoin de ces sacrifices pour être en bonne santé. »
C : « Alors tu es un peu comme une âme groupe toi aussi, tu fais passer le message. Je suis honoré de pouvoir m’adresser à toi.
Je sens de la sagesse en toi. Je te remercie au nom de mon espèce. Luttez contre nos morts inutiles comme vous le pouvez. Ce serait là un don précieux pour notre espèce. »
E : « Je n’ai pas autant d’influence qu’une âme groupe, mais je vais faire tout mon possible pour faire passer ce message, faire découvrir des alternatives aux habitudes des humains. Je te remercie d’avoir répondu à toutes nos questions pour que je puisse mieux comprendre comment vous vivez les choses et comment transmettre le message le plus juste possible. Heureusement de plus en plus d’humains commencent à mettre plus de conscience dans leur manière de s’alimenter et à comprendre que certains sacrifices sont vraiment inutiles. J’espère donc pouvoir contribuer à faire augmenter cette proportion pour que les humains changent et évoluent. »
C : « C’est une grande mission qu’est la tienne. Merci. Merci à toi aussi Pierre. »

Nous avions passé en revue les questions que nous avions prévu de poser. Comme nous avons l’habitude de faire lors des communications que nous faisons, nous avons alors laissé la place aux questions que notre aimable interlocuteur pouvait avoir.

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Libre arbitre et souffrance inutile

P : « Est-ce que tu as un message à nous faire passer, ou une question à nous poser ? »
C : « Oui :

Dans quel but nous pêchez-vous si vous n’êtes pas obligés de nous manger pour vivre ? Je ne comprends pas cela. Dans notre monde, nous ne prenons que l’utile, que l’indispensable. C’est ainsi que peut fonctionner la vie.
E : « Les humains vous pêchent parce que le goût de votre chair leur plait, plus que par besoin de santé. Cela était justifié il y a bien longtemps à l’époque où les humains étaient moins évolués et moins adaptés et qu’ils devaient manger ce qui se trouvait le plus proche d’eux.
Aujourd’hui nos sociétés se sont bien développées. Nous savons faire pousser les végétaux en grande quantité pour pouvoir nous nourrir et du coup il est devenu inutile pour nous de sacrifier des animaux pour se nourrir, mais les habitudes et surtout le goût des humains pour la chair animale est bien présent, et paradoxalement du coup cette consommation à augmenté au lieu de diminuer.
C’est pour ça que certains humains qui ont décidé de revenir à un régime alimentaire végétal essayent de faire passer le message qu’il est possible de se nourrir autrement en respectant la vie des autres espèces, et que cela ne nuit pas du tout à notre santé, bien au contraire, que de consommer uniquement des végétaux. »

C : « Je comprends. Je perçois une grande complexité en vous les humains. Chez nous tout est beaucoup plus simple. Nous suivons nos instincts. Ce qui est bon pour nous, nous le savons. Il m’est difficile d’imaginer le raisonnement d’un humain, mais je comprends mieux maintenant, merci. »
E : « Effectivement, les humains sont très complexes parce qu’ils se sont beaucoup coupés de leurs guides. Nous n’avons plus conscience de notre âme collective, s’il en est une, et du coup chacun essaie de vivre à sa manière avec ses propres choix. Cela génère beaucoup plus d’erreurs ou de choix qui ne sont pas forcément conformes à ce que notre instinct nous aurait dicté.
Mais justement certains d’entre nous essayons d’évoluer pour retrouver cette connexion et revenir à ce que la nature a prévu de mieux pour nous. »

C : « Je comprends. Sans lien avec l’âme supérieure, nous serions nous aussi perdus. Cela doit être difficile. »

Transmettre le message

E : « Oui, beaucoup d’humains éprouvent une grande solitude à cause de cela. Nous essayons donc de faire passer des messages pour que les humains retrouvent cette connexion. Et grâce aux exemples de nos amis les animaux nous arrivons à mieux comprendre comment revenir à cette connexion. Donc merci, c’est très précieux de pouvoir partager à ce sujet avec vous. »
C : « Je vous en prie. Merci à vous de vous intéresser à nous. »
E : « As-tu une autre question ? »
C : « Non, je te remercie. »
P : « Merci cher crabe de nous avoir répondu, de nous avoir livré toutes ces précieuses informations. Nous tâcherons de les transmettre le plus largement possible à nos semblables humains. »
C : « Merci à vous, Pierre et Eléa. Cette conversation m’a enrichit. J’en sais désormais plus sur vous les humains, et cela me réjouit. Je transmettrai ce que je pourrai à l’âme groupe de mon espèce pour que d’autres puissent en profiter. »
P & E : « Au revoir petit crabe. »
C : « Au revoir. »

Ainsi s’est achevée notre conversation avec un crabe, conversation qui s’est avérée aussi riche et profonde que nous aurions pu l’espérer. L’expérience nous montre effectivement que les animaux sont souvent capables d’un niveau de compréhension et d’analyse bien supérieur à ce que l’on pourrait leur prêter à priori.
Nous en repartons avec de nouveaux enseignements pleins de sagesse, et la conviction toujours plus forte que nous avons beaucoup à gagner à changer notre regard sur ceux que l’on considère souvent, à tort, comme insignifiants.

 

Photo de couverture : Petits crabes séchés récupérés dans un paquet de « snacks » japonais, rapportés du Japon par un collègue de travailNous avons utilisé la photo de crabes d’une recette de sauce américaine pour rentrer en contact avec un crabe ayant vécu le supplice en question (et non ceux en photo ici).

2 réflexions au sujet de « Le supplice du crabe »

  1. Alors c’est vrai que le crabe, araignée et autre hommard peuvent souffrir, c’est pour cela que l’on les place dans le congélo avant de les cuire, pour qu’ils s’endorment…

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