Le message de mon ami Mainate

Nos vacances en Crète de l’été dernier nous ont donné la chance de rencontrer par hasard un bien drôle d’oiseau. C’était un mainate, un de ces oiseaux parleurs, qui était enfermé dans une cage cachée derrière le rayon tongues en plastique et autres chapeaux de plage de l’espace de vente extérieur d’un supermarché local.
Nous avons passé de longs moments à ses côtés, à l’affût des nouveaux mots qu’il voudrait bien prononcer pour notre plus grand plaisir. Cet oiseau nous avait touchés par sa solitude et son envie flagrante de communiquer avec nous. Il nous avait alpagués avec un « Hellooooo » dans un accent british impeccable et, après avoir imité à merveille le « Miaou » du chat ou le bruit des bus qui passaient sur la route voisine, il nous avait laissé partir avec un « Bye, bye ! » qui nous avait fendu le cœur.
J’ai donc récemment décidé de prendre de ses nouvelles, la communication d’esprit à esprit ayant cela de pratique que la distance n’est en aucun cas un problème. Voici le récit de notre discussion.

C’est la première fois que vous entendez parler de communication animale ? Pour en savoir plus, lisez notre article d’introduction
« Helloooo » entendis-je à peine la communication commencée. Nul doute, cette intonation, cette voix, c’était bien lui ! J’eus tout de suite la certitude qu’il m’avait reconnu.

« Bonjour mon ami Mainate » répondis-je, heureux de cet accueil familier.
« Comment ça se fait que toi, un humain, tu arrives à me parler comme ça ? » demanda-t-il immédiatement, surpris. Je devais manifestement être le premier à lui parler par ce biais. 
« J’ai appris à le faire. »
« Mais alors, pourquoi tu ne l’enseignes pas aux autres humains ? » lança-t-il étonné.
« Je ne me sens pas encore prêt à pouvoir le faire. »
« Tu attends d’être un Maître ? » fit-il.
« Oui c’est ça. Qui sait, peut-être un jour ! »
Sa curiosité visiblement satisfaite, je pus lui poser une question.
« Dis-moi mon ami, te sens-tu bien dans ta cage ? Es-tu heureux ? »
« Mon corps souffre d’être enfermé, de ne pas pouvoir voler, vivre ma vie d’oiseau avec mes congénères. J’ai toujours vécu en cage, plus ou moins grande. Pendant un temps j’ai pu apprécier la compagnie d’une perruche verte, mais aujourd’hui je suis triste que nous ayons été séparés.
Cependant, cet enfermement m’a permis de développer une vaste et riche vie intérieure. J’ai vu défiler beaucoup d’humains, et avec le temps j’ai pu comprendre bien des choses à votre sujet. Je sais que vous arrivez des quatre coins du monde dans des avions qui volent au-dessus de ma tête, et que vous êtes de passage. Je sais que beaucoup d’entre vous me prenez pour un simple petit piaf, uniquement là pour répéter bêtement des mots qui amuseront la galerie. »
« Nous avons vu plus que ça en toi, tu nous as immédiatement touchés. Nous pensons souvent à toi depuis. » lui répondis-je pour le rassurer et certainement pour me justifier un peu aussi.
« Je l’ai bien senti. » reprit-il.  « Et vous n’êtes pas les seuls à m’envoyer des pensées. 
J’ai aussi compris comment l’Homme conçoit l’intelligence, mais votre vision est incomplète. Vous résumez l’intelligence à celle du mental, à sa capacité à réfléchir et à résoudre des problèmes. Or, il y a de l’Intelligence dans toute forme de vie, même la plus minuscule : c’est l’Intelligence de la conscience, de la Vie, de la Nature. Elle est profonde, spirituelle et infinie. »
Désirant en savoir plus, je lui demandai :
« Est-ce que tu désires faire passer un message aux Humains ? Je ferai de mon mieux pour le relayer. »
Sa réponse ne se fit pas prier :

L’Homme enferme les animaux, comme les oiseaux, dans des cages qui ne sont que le reflet de sa propre prison intérieure. N’oubliez pas que maltraiter autrui, Humain ou Animal, c’est se maltraiter soi-même.
Pour sortir de ce fonctionnement, vous devez sortir de votre cage intérieure en vous ouvrant à l’Intelligence de la Nature. Allez au-delà de votre mental qui vous limite. Votre Intelligence à vous aussi est infinie.

Ému par ce message, je lui envoyai une vague de gratitude et d’amour. Je reçus en retour un sentiment indescriptible de compassion et d’amour qui me fit frissonner.
« Merci mon ami Mainate. Nous continuerons à penser à toi. »
Il me répondit du même salut qu’il nous avait fait en Crète, comme en guise de clin d’œil :
« Bye, bye ! »
Puis il s’envola.

 

 PS : Le portrait qui illustre cet article est bien de notre ami mainate. Nous vous avons également préparé un petit extrait des moments que nous avons passés avec lui l’été dernier, cela vous permettra de mieux cerner le personnage :)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *