Le « cri de la carotte » : et si on leur demandait ?

Lorsqu’on est végétarien, cela suscite souvent un grand nombre de questions de la part de notre entourage. Ces derniers temps pour moi c’est presque à chaque fois que je partage un repas avec quelqu’un, au travail, en famille… Du curieux ouvert d’esprit au carnivore aveuglé par sa mauvaise foi, il faut parfois savoir rester zen pour ne pas couper court à la discussion et se replonger dans sa salade verte et ses carottes râpées. Surtout quand on vous sort le fameux « argument » du cri de la carotte : « Et la carotte alors, tu y as pensé ? Quand tu l’épluches et tu la râpes, ça doit être horrible pour elle ! » Déjà, je n’épluche pas mes carottes. Mais bon ok, ça m’arrive de les râper. Et l’agonie des carottes semblant tant préoccuper mes semblables (bien que l’argument soit facilement contré par l’absence de système nerveux chez les végétaux), j’ai commencé à me demander si elles ne pouvaient pas tout de même ressentir une sorte de souffrance que la science serait incapable de mesurer.
Il me fallait donc tirer l’affaire au clair. Pour ce faire, quoi de mieux que de demander directement aux intéressées ? C’est précisément ce qu’Eléa et moi avons décidé de faire, à l’aide de la communication intuitive, qui fonctionne aussi bien avec les végétaux.

C’est la première fois que vous entendez parler de communication animale ? Pour en savoir plus, lisez notre article d’introduction
Nous avons choisi de nous « connecter » à l’une des deux carottes qui sont en photo en illustration de cet article. C’était une première pour nous, et si j’avais déjà communiqué avec des arbres ou des plantes domestiques, nous ne savions pas ce que communiquer avec un légume pourrait donner, à quel niveau de conscience s’attendre.
Après s’être mis en conditions et avoir choisi ensemble les thèmes que nous voudrions aborder, j’ai donc démarré la communication, en incluant Eléa dans la conversation.
J’insiste sur le fait que la discussion retransmise ci-dessous n’est pas le fruit de notre imagination ni une figure de style mais bien le compte rendu fidèle d’un exercice de communication « d’esprit à esprit », tel que nous avons appris à le faire (lisez notre article d’introduction à la communication animale pour en savoir plus) :

Pierre & Eléa : « Bonjour chère carotte. »
La Carotte : « Bonjour à vous, humains » répondit-elle.
Ça y est, le contact était établi. 
Pierre : « Nous communiquons avec toi pour en apprendre davantage sur ton espèce. »
C : « C’est très bien, procédez. » fit-elle, encourageante. 
Je décidai d’abord de clarifier si nous avions à faire avec la carotte que nous avions devant nous, ou alors à une âme de plus haut niveau qui pourrait représenter un groupe, ou même l’ensemble des carottes.
P : « Voici la première question que nous voudrions te poser : est-ce que chaque carotte possède une notion d’individualité ? »
C : « Oui et non. Oui dans le sens où chaque carotte est identifiable, mais son esprit est relié à l’ensemble des autres carottes. Le niveau de conscience dans chaque carotte est infime. »
De cette réponse claire, je pus déduire que c’était bel et bien à l’espèce des carottes que nous nous adressions, à laquelle nous avions accédé par la carotte qui était devant nous.

Carottes et main

Les carottes et la douleur

Allant directement au but, je demandai alors :
Pierre : « Alors j’aimerais savoir : est-ce que les carottes ressentent la douleur physique ?« 
La Carotte : « Non. » 
La réponse ne pouvait être plus claire.
P : « Même quand on les mange ? »
C : « Oui, même quand on les mange. » 
Je voulais maintenant savoir si ma supposition était vraie. Des siècles de tradition végétarienne pouvaient être mis à mal par la réponse que j’allais recevoir.
P : « La carotte ressent-elle une douleur d’un ordre plus émotionnel ? » 
C : « Non, la carotte est là pour pousser. Elle n’a pas d’émotion. Pas d’autre que celle d’exister. Elle croît doucement, jusqu’à ce qu’elle devienne utile, et alors son infime conscience retourne dans l’ensemble. »
J’étais rassuré ! 
Eléa : « Est-ce que certaines formes végétales peuvent ressentir une douleur physique comparable à celle des animaux ou des humains ? »
C : « Il en existe oui. Je n’ai pas la connaissance de toutes, mais les arbres en sont un exemple. Ils sont nos grands frères sur le chemin. Leur conscience est plus forte, plus solide. »

La vie vue par une carotte

P : « Alors quel est le sens de l’existence des carottes ? » continuai-je.
C : « La carotte fait partie de l’ensemble végétal. Elle Est pour transformer ce qui ne vit pas en Vie. Elle abonde pour engendrer l’abondance de Vie. Son rôle est le maillon d’une grande chaîne. Elle sert avec humilité. Tel est le sens de son existence. »
P : « Merci. »
Ces paroles étaient accompagnées d’une foule d’images qui m’aidaient à en percevoir les nuances, à en ressentir la portée. Une paix totale émanait de ce singulier interlocuteur.

Après quelques instants, je me tournai vers Eléa pour l’inviter à poser ses questions. Elle poursuivit donc :

E : « Est-ce qu’une des missions de la carotte est bien de nourrir les herbivores et les humains ? »
C : « Oui, entre autres. Si elle peut leur être utile, alors elle le fait. Mais elle est utile à bien d’autres formes de vie, beaucoup plus petites. Elle sert l’ensemble. »
E : « Est-ce que tous les fruits et légumes que nous consommons vivent les choses de la même manière que toi, Carotte ? »
C : « Oui. Ce sont des espèces distinctes, mais leur but est commun. Nous servons, ensemble, chacun à notre manière, sous des formes différentes. Nous sommes le début de la vie. Nous puisons l’essence de vie de la terre et du ciel. Nous la matérialisons. C’est ainsi. »
E : « Merci d’être là pour ça. »
C : « Merci à vous, humains, de prendre le temps de nous considérer. »

Radis
E : « Comment fonctionne le cycle de vie et de mort d’une carotte ? »
C : « La carotte naît à partir d’une infime graine, puis elle puise la vie pour grandir, jusqu’à ce que sa forme physique soit dégradée, dans le but de servir la Vie. Elle sert toujours, peu importe son destin. Il n’y a pas de carotte inutile. Rien n’est inutile. »

Les pesticides

Eléa et moi avions décidé d’en profiter pour aborder la question des pesticides et autres intrants chimiques. Je poursuivis donc sur ce sujet.
P : « Quel est le point de vue des carottes par rapport aux pesticides que les humains peuvent leur donner parfois ? »
C : « C’est une abomination. Ils ne servent pas la vie. Ils la détruisent. Le sens de ces carottes est alors perturbé : elles portent en elles la destruction, et c’est contraire à leur essence. Elles luttent pour rétablir l’équilibre. Elles tentent de les absorber et de les transformer, mais ce n’est pas toujours possible. »
E : « Est-ce que toi, carotte, tu as reçu des pesticides ? » (La carotte en question était labellisée Bio, la question n’était donc pas innocente.)
C : « Très peu. Pas directement. »
E : « Qu’entends-tu par « pas directement »? En as-tu reçu par la pollution des sols par exemple ? »
C : « Oui, il y en a toujours des traces. Il y en avait dans l’endroit où ce corps a grandi. Ces traces sont infimes, la vie est plus forte. Ce corps apporte la vie. »
Voilà qui était rassurant sur la qualité de ces carottes que nous avions achetées sur le marché à un petit producteur local.

Rondelle de carotte en transparence

Respecter l’intégrité du corps

Eléa poursuivit.
E : « Est-ce que cela pose un problème que nous vous conservions dans des frigos, au frais ? »
C : « Non. Nous n’avons pas de sensation de froid, ni d’autre sensation corporelle. Il n’y a pas de mal à ça. »

Nous étions venus au bout des questions que nous avions prévu de poser. Comme nous le faisons à chaque fois lors de nos communications, nous avons demandé à la Carotte si elle souhaitait nous faire part d’un message.
P : « Carotte, as-tu un message à nous faire passer à nous et nos collègues Humains ? »
C : « Oui.
Nous sommes là pour vous transmettre la vie. Mais cela vaut seulement si vous ne nous dénaturez pas. Nous nous offrons à vous, ainsi qu’aux autres êtres qui nous mangent. Mangez-nous avec conscience, et alors notre mission sera accomplie. »
Ces paroles faisaient écho à beaucoup de nos prises de conscience récentes : la pratique de la conscience au quotidien, l’alimentation vivante…

Eléa en profita pour demander davantage de précisions.
E : « J’ai une dernière question : existe-t-il d’autres formes de dénaturation que celle des pesticides par exemple ? »
C : « Lorsque vous transformez nos corps à outrance, ils se dénaturent : pulvérisé, soumis à de trop fortes chaleurs, le corps meurt et n’apporte plus la vie. Respectez l’intégrité du corps. »
Quitte à avoir commencé, il me fallait aller jusqu’au bout et vérifier si les carottes râpées étaient si irréprochables que ça ! Je demandai donc :
P : « Est-ce que râper une carotte respecte l’intégrité de son corps ? »
C : « Oui. Vous pouvez couper, râper, chauffer sans dépasser des températures trop élevées. Le froid aussi est destructeur.
Mangez-nous telles que nous sommes. C’est là ce qu’il faut retenir. »

Nous remerciâmes tous les deux la Carotte, promettant de transmettre son message du mieux possible.
C : « Merci à vous, humains. » fit-elle en retour.
P&E : « Au revoir, Carotte. »
C : « Au revoir, humains. »

C’est ainsi que finit notre conversation avec l’âme des carottes, qui mit pour nous définitivement fin à l’argument du « cri de la carotte ».
Je ne sais pas si nous pourrons mentionner cette discussion librement face au prochain sceptique qui abordera le sujet, au risque de définitivement passer de la case « mangeur de laitue » à celle de « fumeur de substances hallucinogènes illicites »… 
Dans tous les cas, cette expérience nous aura rendus toujours plus solides dans nos convictions, toujours plus en phase avec nous-mêmes. Et j’espère que ce témoignage aidera certains d’entre vous à l’être aussi. Car après tout, n’est-ce pas là le plus important ?

Détail d'un coeur de carotte

3 réflexions au sujet de « Le « cri de la carotte » : et si on leur demandait ? »

  1. Bonjour,

    justement j’étais intéressé par la notion de souffrance chez les végétaux. Dommage que vous ayez utilisé une carotte… j’aurai trouvé l’argument plus complet, plus intéressant, s’il avait s’agit d’un légume ou d’une céréales manipulé par l’homme. Je pense à tout ces végétaux plantés, déracinés et replantés comme les salades ou le riz…

  2. Alors là, je suis morte de rire!!!
    Non pas par votre article mais par le fait que vos newsletters répondent à chaque fois à mes interrogations du moment!!!

    Mais qui vous a placés sur ma route???

    Bises,
    Véronique

    1. Merci Véronique, c’est ce genre de retours qui nous donnent envie de continuer !
      Espérons que le « hasard » continuera à bien faire les choses :)

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