La viande ou la Vie (1/3) : La mise à mort de notre planète

L’impact de notre consommation de viande, poisson et autres produits animaux sur l’environnement a été l’une des trois principales raisons qui nous ont poussés d’abord au végétarisme puis au véganisme.
Les chiffres avancés jusque-là par la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture) étaient déjà sans ambiguïté par rapport au rôle majeur que joue l’industrie de l’élevage dans la destruction de notre planète et de son climat.
Mais aujourd’hui le brillant documentaire « Cowspiracy: The sustainability secret » dévoile au grand jour une réalité encore bien plus inquiétante qui appelle à une réaction immédiate, sous peine de devoir rapidement dire adieu à notre avenir en tant qu’espèce.
Nous avons synthétisé pour vous les éléments clés de cette problématique majeure.

L’air

L’élevage et ses produits dérivés sont responsables de l’équivalent d’au moins 32 milliards de tonnes de CO2 par an, soit 51% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.Worldwatch Institute, 2009

 Voici le premier chiffre que révèle le documentaire, qui est une correction de l’estimation fournie par la FAO en 2006 qui avançait à l’époque la valeur de 18%. Déjà à l’époque ce chiffre était supérieur à la part imputée aux transports, estimée à 13%.
Le méthane émis par les animaux d’élevage est à lui seul responsable de 11,6% de l’effet de serre global. La demi-vie du méthane dans l’atmosphère est de 8 ans, contre 100 pour le CO2, ce qui en fait une cible de choix dans la lutte pour une réduction rapide de l’effet de serre.

L’eau

Les industries de la viande et du lait consomment à elles seules près d’1/3 (29%) de l’eau douce mondiale.Forks Over Knives

Un autre chiffre édifiant : produire un hamburger nécessite 2500 litres d’eau, soit l’équivalent de 2 mois de douches pour une personne ! Aux Etats-Unis, les ménages consomment 5% de la consommation d’eau du pays, contre 55% pour l’élevage.
En devenant vegan, un individu économiserait environ 380 litres d’eau par jour. Pensez-vous pouvoir faire mieux en refermant le robinet quand vous vous brossez les dents ?

La terre

 L’élevage occupe 30% de toute la surface émergée de la Terre.FAO

Les champs utilisés pour produire l’alimentation du bétail occupent 33% de toutes les surfaces arables du globe. Ce sont principalement des mono-cultures perfusées aux engrais chimiques et aux pesticides, qui appauvrissent les sols et tuent la biodiversité. Sans oublier que plus de 85% des cultures en Amérique du Nord et du Sud sont désormais OGM.
Quant aux pâtures, 20% sont considérées comme dégradées par leur sur-exploitation : les sols sont compactés et s’érodent. Dans les zones arides l’élevage est devenu une cause majeure de désertification.

Les forêts

L’élevage est responsable de 91% de la déforestation de l’Amazonie.World Bank Publications

L’élevage nécessite toujours plus de terres pour les pâtures et les cultures destinées aux animaux, et les forêts n’échappent pas à notre appétit.
550 000 kilomètres carrés de forêt tropicales ont déjà été détruits pour êtres utilisés pour l’élevage. En comparaison les plantations de palmiers à huile ont engendré la disparition de 105 000 kilomètres carrés de ces forêts, soit plus de 5 fois moins.
A l’échelle mondiale, environ 6000 m² de forêts tropicales sont détruits par seconde.
Cette destruction cause la disparition de 110 espèces de plantes, animaux et insectes par jour.
Et si vous vous dites qu’un steak made in France est bien loin de causer tous ces dégâts, n’oubliez pas que notre pays importe environ 50% du grain à destination de ses élevages, principalement du soja venu du Brésil et d’Argentine. En 2009, 22% des exports de soja du Brésil étaient destinés à la France.

Les mers et océans

Plus de 400 « zones mortes » ont été signalées dans les mers et océans, affectant une superficie de plus de 245 000 km².Science

Les zones mortes marines sont des zones dans lesquelles la vie est devenue quasiment impossible à cause d’un appauvrissement trop important en oxygène. De trop fortes concentrations en résidus de fertilisants et de matières organiques en sont des causes majeures.
Aux Etats-Unis, il a été établi que l’élevage produit 130 fois plus d’excréments que toute la population réunie, ce qui équivaut à 5 tonnes de bouses et autres lisiers par habitant et par an ! 
La zone morte du Golf du Mexique (13 000 km² en 2014) est imputée pour 65% aux résidus azotés venant de l’élevage, contre seulement 11% pour les déchets industriels.
En effet les déjections animales ne sont pas retraités comme le sont celles des humains, ce sont les sols et les cours d’eau qui les entraînent finalement jusque dans les océans. La Bretagne en est un triste exemple en France : elle produit à elle seule l’équivalent des déchets organique de 60 millions d’habitants, qui se retrouvent épandus directement sur les sols. Les nappes phréatiques et les rivières sont polluées, et l’eau n’est plus potable. Les algues vertes envahissent régulièrement le littoral, dégageant un gaz mortel en se décomposant.

L’heure est à l’action

Les gouvernements ainsi que la plupart des organisations de défense de l’environnement nous focalisent sur la part que jouent nos voitures et leurs énergies fossiles dans le dérèglement du climat, alors que les chiffres présentés dans cet article existent depuis plusieurs années.  « Changez vos ampoules, recyclez votre papier et vous sauverez la planète ». Mais nous passons à côté de l’essentiel.
Pourquoi ? L’un des arguments avancés par les auteurs de Cowspiracy : il est plus facile de nous faire miroiter des solutions techniques sur nos voitures (qui au passage peuvent profiter à l’industrie automobile) plutôt que de s’attaquer à un problème qui touche à nos habitudes si bien ancrées. D’autant que le poids des lobbies de l’élevage et de l’agro-alimentaire ne fait plus aucun doute dans les décisions politiques de nos pays d’Europe et d’outre-atlantique. Quant aux association de protection de l’environnement, elles fonctionnent grâce à nos dons – combien continueraient à donner si on leur annonçait ouvertement que dire adieu à l’entrecôte, au saucisson et aux poulet rôti du dimanche est la seule solution ?

Quoi qu’il en soit, les faits sont clairs. L’heure n’est plus à discuter les chiffres isolés, ni à savoir comment nous en sommes arrivés là. Des dizaines d’études le confirment : la consommation de viande, d’oeufs et de produits laitiers est la cause principale de la destruction de notre planète et de son atmosphère.
La bonne nouvelle, c’est que la solution est à notre portée à tous, et c’est surement le changement qui aurait les conséquences bénéfiques les plus rapides.

Chaque jour, une personne suivant un régime végétalien économise 380 litres d’eau, 20 Kg de céréales, 2,8 m² de forêt, 9 Kg d’équivalent CO2, et la vie d’un animal.www.cowspiracy.com

Une personne suivant un régime végétalien produit 50% de CO2 en moins, utilise 1/11e de la quantité de pétrole, 1/13e de la quantité d’eau, et 1/18e de surface de terres agricoles par rapport à une personne suivant un régime omnivore.

Alors prenons-nous en main. 
Évoluons.

 

NB : Si le régime végétalien vous pose question en termes de santé, nous vous répondrons dans notre 2e article de cette série, qui sera entièrement dédié à ce sujet.

Sources :

Voici les sources principales utilisées pour cet article, en plus de celles accessibles directement par des hyperliens dans le texte. Bien sûr nous vous encourageons fortement à visionner Cowspiracy, qui est disponible en ligne avec des sous-titres français.

http://www.cowspiracy.com/facts/
http://www.un.org
https://openknowledge.worldbank.org
http://www.rainforestrelief.org
http://www.fao.org
http://www.resogm.org
http://www.viande.info
http://www.amisdelaterre.org/IMG/pdf/latlasdelaviande.pdf

Photo de couverture :  Vache irlandaise prenant la pose quelque part entre Dublin et Galway, printemps 2014

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