J’ai parlé avec une poule décédée

(Ou l’histoire de nos premiers pas dans le monde de la communication animale)

Le stage

Maintenant que j’ai votre attention, et avant de vous en dire plus, laissez-moi vous raconter comment j’en suis arrivé là.
C’est en décembre 2013, lors d’un stage d’initiation à la communication animale, que l’électrochoc s’est produit. Eléa m’avait littéralement traîné  à ce stage qui se tenait le temps d’un week-end froid de début décembre, dans un hameau perdu au milieu du Beaujolais enneigé. Le programme me paraissait pour le moins suspect et assez éloigné de mes préoccupations du moment : apprendre à communiquer avec les animaux, selon une méthode vraisemblablement un peu mystique. Je finis tout de même par céder face à l’importance que semblait représenter ce stage aux yeux d’Eléa, me disant qu’au pire ce serait juste un week-end de « perdu ». Grand bien m’en fit !

La « Communication animale »

Vous vous demandez sûrement depuis le début du paragraphe précédent « Mais c’est quoi au juste cette histoire de communication animale ? ». Eh bien c’est exactement la question que je me posais en arrivant le premier matin du stage. Ce que je vais pouvoir vous en dire dans ce témoignage n’a pas pour vocation d’être une présentation exhaustive du sujet mais tâchera de présenter l’expérience que nous avons pu en faire. Les plus curieux d’entre vous trouveront quelques liens utiles pour creuser la question à la fin de cet article. Voici en quelques mots ce que j’en ai compris.

Il existe plusieurs façons d’interagir entre nous, humains. Le langage parlé en est une petite partie, complétée par le langage non-verbal qui fait le plus souvent passer des messages de manière inconsciente. Il existe également le contact physique (plus ou moins violent !) qui représente un peu la dernière forme de communication possible quand tout le reste a échoué. Un peu primaire, mais efficace.
Les animaux communiquent eux aussi sur ces 3 niveaux, mais ils en utilisent un autre qui leur est bien supérieur à beaucoup d’égards : la communication d’esprit à esprit. Paf, c’est le moment où je perds la moitié de mon auditoire. « D’esprit à esprit dis-tu, comme dans télépathie ? ». Oui. Les animaux en sont capables, et par-dessus le marché, nous aussi. A ce moment précis, je remercie les 10% de lecteurs restants qui n’ont pas encore fui :)

Ce mode de communication d’esprit à esprit est universel. Il permet aux animaux de communiquer entre eux, indépendamment de leur espèce, race, ou même situation géographique. Il leur suffit de se « connaître », soit en s’étant un jour rencontrés physiquement, soit en ayant été présentés par un autre animal qu’ils connaissent tous les deux. A partir de là ils peuvent échanger des images, des sensations, des pensées… à un niveau qu’on est bien loin d’imaginer. Et, cerise sur le gâteau, ils peuvent également s’adresser à leurs congénères ayant quitté le monde des vivants. « Wow wow wow ! Tu veux dire qu’ils parlent avec leurs morts ? » Oui, c’est bien ça. Ils sont capables de le faire aussi naturellement qu’avec un autre être vivant. « Attends, mais tu te rends compte de ce que ça implique ? Pour que ce soit possible, ça veut dire qu’il reste quelque chose d’eux après la mort ! » Oui, en plein dans le mille Emile !

La mise en pratique

Ça fait beaucoup de choses à admettre d’un coup, n’est-ce pas ? Vous comprendrez donc l’étonnement dans lequel je me suis retrouvé quand on m’a expliqué ça, mais surtout mon désarroi total quand je l’ai expérimenté par moi même !
Après une partie théorique passionnante sur le pourquoi du comment de la communication animale est en effet venue l’heure de la mise en pratique. Concrètement, comment ça se passe ?
Il s’agit en fait de se laisser aller à un état de relaxation léger, en suivant un exercice de visualisation qui nous amène jusque dans notre « espace sacré », notre lieu intérieur où l’animal à contacter sera invité. Cet état de relaxation permet au cerveau de sortir de son mode de fonctionnement conscient qui s’exprime au travers d’ondes dites « Alpha » pour passer sur une plage de fréquences différentes dites « ondes Beta ». C’est sur ces fréquences que la communication avec le monde animal devient possible. 
Une fois cet état atteint (plus ou moins facilement selon l’aptitude de chacun à se relaxer et à chasser de son esprit les pensées « parasites »), on peut inviter l’animal de son choix à communiquer. Il faut pour cela au préalable disposer au minimum d’une photo de l’animal si on ne l’a jamais rencontré, et se mettre en état de compassion envers lui pour permettre une communication dans le respect de ce qu’il est. La petite astuce pour ce faire est de trouver 3 qualités à l’animal.
Rien de compliqué jusque-là, n’est-ce pas ?

C’est à ce moment que l’expérience de communication commence vraiment. L’animal invité, s’il choisit de répondre à l’appel (ce qu’il fait normalement), apparaît alors dans votre espace sacré (donc on est bien d’accord, il s’agit toujours d’une image dans notre esprit). A partir de là, il suffit de penser à ce que l’on veut lui dire ou aux questions que l’on veut lui poser pour qu’il les perçoive. Cette partie est généralement la plus simple, c’est pour percevoir les réponses en retour que ça se corse. En effet, c’est notre cerveau gauche, siège de la logique et du langage, qui formule les questions et qui les transmet au cerveau droit qui lui va fonctionner comme une radio en émettant les pensées, et en réceptionnant les réponses en retour. Seulement le cerveau droit fonctionne à une vitesse infiniment plus rapide que le cerveau gauche, et est donc capable de capter une quantité phénoménale d’informations. Mais pour que celles-ci nous arrivent en conscience, il faut qu’elles soient analysées et acceptées par le cerveau gauche, qui opère un véritable filtrage. Parmi les critères de ce filtre se trouvent nos croyances. Ainsi, une information perçue par le cerveau droit mais allant à l’encontre de notre système de croyances sera tout simplement ignorée par le cerveau gauche. Si ce mécanisme a pour principale vertu de nous éviter de devenir fous en cédant sous la masse incalculable d’informations perçues à chaque instant, il présente un handicap majeur à la bonne communication avec nos amis à poils, à plumes ou à écailles.
C’est pourquoi il est parfois difficile de percevoir les réponses formulées par l’animal avec lequel on communique. Il faut parvenir à avoir suffisamment confiance dans ce procédé et en sa propre capacité à le mettre en œuvre, ce qui peut prendre du temps.
Mais lorsque ces réponses passent le filtre, elles peuvent être interprétées sous forme d’images, de sons, de sensations et même… de phrases !

Lisbeth la poule 

C’est donc comme ça que j’ai pu discuter avec Lisbeth la poule, accessoirement décédée depuis plusieurs mois. Enfin « discuter » est un peu exagéré, il s’agissait d’une de mes toutes premières tentatives et mes perceptions n’étant pas très sûres, je me contentais principalement de poser des questions fermées, afin de pouvoir en saisir plus aisément les réponses. 
Il s’agissait d’un exercice en groupe, dans lequel nous étions 3 ou 4 à avoir comme objectif de poser une question définie à l’avance à un animal donné, l’avantage étant de pouvoir recouper nos perceptions et les confronter à la réalité que nous dévoilerait la formatrice à la fin de l’exercice. J’avais donc choisi Lisbeth la poule parmi une liste d’autres animaux qui avaient tous vécu dans la ferme de Laure, notre formatrice, et qui étaient décédés depuis. La question que nous devions poser à Lisbeth était : « Comment es-tu morte ? ». 
Après quelques formalités de présentation, ce fut donc ce que je lui demandai. Je reçus en réponse l’image d’une fourche rouge plantée dans une botte de paille, à l’intérieur d’un bâtiment manifestement rural, à l’ambiance boisée et peu lumineuse. Une grande porte entre-baillée laissait passer un peu de lumière. S’en suivit une sensation de panique que je ressentis comme un frisson oppressant dans tout mon corps. Suite à ces premiers éléments, je demandai à Lisbeth :
« Es-tu morte dans cet endroit ? » « Oui »
« Était-ce ton poulailler ? » « Oui »
« Est-ce que tu es morte par cette fourche ? » « Non »
Puis d’instinct m’est venue cette question :
« Est-ce un renard qui t’a tué ? » « Oui »
Je remerciai alors Lisbeth de s’être prêtée à mon exercice maladroit, et rouvrai les yeux afin de pouvoir passer au débriefing de cette expérience avec le reste du groupe.

Les autres n’avaient pas perçu les mêmes éléments que moi, certains avaient vu un tracteur, d’autres le bâtiment depuis l’extérieur… Lorsque ce fut mon tour de parler, je me dis qu’il ne valait pas la peine de parler du renard, que c’était vraiment trop cliché ce coup de la poule qui se fait manger par un renard, que ça venait très probablement de mon mental inventif (mais pas tant que ça !) qui aurait comblé les trous de ce que je n’avais pas réussi à percevoir de Lisbeth. Je n’ai donc décrit que le début de ce que j’avais perçu, le poulailler, la fourche…
Quand tout le monde eut fini, Laure nous raconta ce qui s’était véritablement passé. Ce jour-là, elle avait oublié de fermer complètement la porte du poulailler et s’était absentée un moment. Une renarde vivant tout près n’avait pas réussi à chasser de quoi nourrir ses renardeaux, et s’était en dernier recours résolue à braver le danger et s’introduire dans le poulailler. C’est ce qu’elle fit sans peine à l’aide de l’ouverture dans la porte. 
Quelques temps auparavant, Lisbeth avait pris sous son aile un poussin aveugle qui avait été délaissé par sa mère. Elle s’en occupait en bonne mère poule, veillant à ce que le petit puisse manger convenablement. Lorsque la renarde fit irruption dans le poulailler, toutes les poules furent prises de panique. La renarde remarqua rapidement le jeune poulet aveugle, voyant en lui la proie idéale. Lisbeth s’interposa en demandant à la renarde de la prendre à sa place, faisant don de sa vie pour protéger celle de sa progéniture adoptive. C’est ainsi que la renarde prit Lisbeth.

La réalité en pleine face

Silencieux, j’étais abasourdi par l’histoire qui ne faisait que confirmer ce que j’avais perçu. La fourche, dont la présence dans le poulailler avait été confirmée par Laure, la porte entre-baillée, la panique, le renard… Je n’avais certes pas eu l’histoire dans tous ses détails, mais tout ce que j’avais perçu était vrai.

C’est depuis ce jour que beaucoup de changements on commencé à s’opérer en moi, cet événement ayant bouleversé grand nombre de mes certitudes. Mon esprit a cherché à plusieurs reprises à remettre en question ce que j’avais vécu, comme s’il essayait de nier une vérité qui était trop différente de ce qu’il prenait pour acquis. Mais je savais ce que j’avais vécu, ressenti, à travers une expérience dont je ne pouvais plus raisonnablement douter.
Nous avons depuis essayé de pratiquer la communication animale pour améliorer nos perceptions. Cela m’a donné l’occasion de discussions pour le moins surprenantes avec un écureuil, une tourterelle, et bien d’autres qui feront l’objet de futurs articles.

Vivre la réalité de ce que les animaux sont capables de penser et ressentir, s’émerveiller devant leur sensibilité infinie et leur justesse sans faille, admettre qu’il existe quelque chose après la mort pour les animaux, mais aussi pour nous humains… voilà quelques-un des enseignements avec lesquels je suis revenu de cette expérience dans le Beaujolais, il y a maintenant un an.

Les questions que tout cela soulève sont nombreuses, et notre jeune expérience ne permettrait pas de répondre à chacune d’entre elles. Je vous encourage néanmoins à les poser en commentaire à cet article si vous en avez, nous ferons de notre mieux :)

Quelques sources d’information

Pour ceux qui désirent en savoir plus sur la communication animale, voici quelques sources d’information que nous vous recommandons.
Je précise pour ceux qui aimeraient s’initier à cette pratique qu’elle nécessite de respecter un certain nombre de principes importants afin de pratiquer en tout respect de la nature animale. Je recommande donc fortement d’assister à un stage d’initiation pour être accompagné comme il se doit. (Nous contacter si vous désirez des infos sur les stages que nous avons suivis.)

Livres :
Le peuple animal, Anne Givaudan et Daniel Meurois
Animals and the afterlife, Kim Sheridan

Sites web :
Site d’Anna Evans, vétérinaire française
Site de Laila del Monte, spécialiste en communication animale

 

15 réflexions au sujet de « J’ai parlé avec une poule décédée »

  1. Princesse quand sa urne est arrivée chez moi . J ai vue 2 fois un ombrage noir ( elle est noire et tan quand son corps était vivante , berger allemand) je le sais que c était elle quand j ai l ombrage mon fils le vue son ombrage . J ai senti son énergie , sa présence et des fois dès choses bouger 4 fois environ, mais là comment faire communiqué encore avec elle .

  2. Princesse est décédé,j ai déjà senti sa présence et son énergie au près de moi. Elle est mon bébé pour toujours mais comment faire qu elle faire pour que je puisse communiquer avec elle encore.

  3. Bonjour,
    Merci beaucoup pour cet article !
    Je m’intéresse depuis peu à la communication animale et, ne sachant pas comment différencier les « bons formateurs » des imposteurs, je n’ai pas encore osé me lancer…
    Votre article est très convaincant, j’ai beau m’intéresser à la communication animale, je suis très sceptique et je n’attends qu’une chose, pouvoir vivre l’expérience pour en être convaincue parce qu’au fond de moi je sais que ça existe, mais j’ai besoin de le vivre pour le croire…
    Votre partage d’expérience est très important puisqu’il permet de constater qu’il n’y a pas que ceux qui y ont toujours cru qui peuvent le pratiquer, chacun peut s’ouvrir à cette pratique pour peu qu’il soit un minimum formé…
    Pouvez-vous donc me transmettre le lien des personnes avec qui vous avez fait le stage svp ?
    Merci d’avance et merci pour cet article.

    1. Bonjour Aurélie, merci beaucoup pour ton commentaire ! Nous t’envoyons de ce pas les coordonnées de notre formatrice par email. Bonne lecture !

  4. Bonjour
    j’ai perdu il y a un mois mon chat il est décédé et je m’intéresse donc à la communication animale afin de pouvoir communiquété avec mon chat. Quel stage avez vous suivi? Le tarif? je souhaiterai vous demandez si vous pouvez communiquer avec mon chat?
    Merci j’attends avet impatience une réponse de votre part.

  5. Fort de la conversation que j’ai eue avec l’un des modérateurs de ce blog, moi devant un émincé de dindes à la provençale, et lui, enfin plutôt elle, devant un millefeuille de jesaispaskoi végétarien, je me suis enfin connecté à vos pages.
    Je précise qu’il lui a fallu beaucoup de persuasion pour arriver à me convaincre.
    Bref, je me connecte et lis avec attention l’expérience de communication extrahumaine décrite par notre ami Pierre.
    Je parcours ce texte en prenant bien soins de ne pas rater une seule ligne (oui cela fait partit de mes défauts)
    J’ai trouvé l’expérience de Pierre forte intéressante tout en pensant que cela semblait sortir directement d’un film de Tolkien.
    Moi qui suis un « viandard » invétéré, j’avoue que je préfère quand même voir les animaux sur leurs pattes que dans mon assiette.

    Bref, l’expérience m’a semblé digne de faire l’essai un jour ou l’autre.
    L’occasion ne s’est pas trop faite attendre puisque samedi dernier alors que je dinais d’une excellente raclette chez amis, le petit chien de la maison est venu gratter à mes bottes en aboyant…
    On se serait cru chez Lafontaine
    « Maitre Olive sur sa chaise perché,
    tenait dans son assiette du fromage,
    Maitre Yorkshire par l’odeur alléché
    Lui tint à peu près ce langage… »
    « wouf wouf »
    Ne comprenant visiblement pas grand-chose à sa demande, je me suis rappelé l’expérience de notre ami Pierre et il me vint une idée lumineuse (enfin qui me parut lumineuse…..)

    Je me suis donc rappelé les consignes, « Alpha, Beta, Relaxation », me suis accroupie devant ce joyeux toutou, et j’ai tenté d’entrer en communication avec mon nouvel ami !

    Bon, comment vous dire….

    Effectivement, la communication est bel et bien passé, mais pas vraiment avec celui que j’attendais…
    Par contre mes amis, eux, ont bien su me transmettre l’information que j’avais vraiment l’air con !

    J’ai plus qu’à trouver un blog sur l’art et la manière de se faire de nouveaux amis

    Merci Pierre de tes judicieux conseils ;o)

    1. Haha Je t’en prie, ravi de t’avoir permis de briller en société ! ;)
      Et oui ça demande un peu d’entraînement quand même, perso j’ai toujours besoin d’être au calme pour arriver à me concentrer suffisamment.
      Mais petit à petit ça devient plus facile, alors n’abandonne pas ! :D

  6. Mais du coup mon Pailleur, plus de bon steak à manger car peur que l’animal ne te dise « et mais que fais tu c’est moi que tu mange!!!! »

    végétarien depuis?

    1. T’as tout compris :)
      J’ai pas pris la décision tout de suite, ça a fait son chemin… Ca faisait longtemps avant ça qu’Eléa y pensait mais pour moi c’etait hors de question. Ce stage m’a ouvert les yeux, mais je n’étais pas encore prêt à faire le pas. Et puis un jour je suis tombé sur la vidéo d’une conférence de Gary Yourofsky qui m’a vraiment fait tilter. Ca fait depuis le mois d’aout dernier que j’ai arrêté viande et poisson, et je le vis très bien :)

    1. Merci Nathalie pour ce partage, certaines ressources de ce site m’ont l’air fort intéressantes, je vais prendre le temps de regarder ça de plus près :)

      Quant à l’écureuil je raconterai notre discussion dans un de mes prochains articles, il est en haut de ma liste ;)

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