Bavardage avec un écureuil

Par une belle soirée de septembre j’avais décidé de profiter de ma proximité du Parc de la Tête d’or pour m’y promener après ma journée de travail . Cette emblématique oasis de verdure au coeur de la ville voit inlassablement défiler toutes les générations de Lyonnais depuis des temps immémoriaux. On y va pour se promener, courir, se détendre, jouer ou découvrir la nature, seul, en famille ou entre amis. Mais il semble que j’étais le premier à y aller pour faire la causette avec un écureuil.

C’est la première fois que vous entendez parler de communication animale ? Pour en savoir plus, lisez notre article d’introduction
Du moins c’est ce que ce petit écureuil roux, que j’avais aperçu dans l’arbre qui faisait de l’ombre à mon banc, m’a immédiatement dit quand je l’ai invité à discuter. 

– « Salut » , a-t-il répondu à mon bonjour, « Je vois passer des centaines d’humains toute la journée, et tu es le premier à m’adresser la parole ! Comment se fait-il que toi tu me parles ? » 
– « Je peux te parler parce qu’on m’a appris à le faire. » lui répondis-je. « Les autres humains ne savent plus comment parler avec le reste de la nature et des animaux. On savait le faire avant, mais on a oublié. » 

Comment peut-on oublier comment on parle ?!
me lança-t-il, surpris.

Du haut de ses quelques centimètres de poils, ce petit écureuil avait marqué un point. Comment avons-nous pu perdre ce lien si essentiel, et nous isoler à ce point du monde dans lequel nous vivons ? 

Il me fallut quelques secondes pour trouver un semblant d’explication :
– « Nous avons un autre langage qui nous permet de parler entre nous. Petit à petit c’est ce langage humain qui a pris le dessus dans nos vies, et nous avons oublié qu’il était même possible d’employer un langage universel. » 
– « Je comprends » me répondit mon petit interlocuteur, visiblement satisfait d’avoir pu percer un de nos mystères. « Je suis content de te parler. » ajouta-t-il, « Est-ce que tu reviendras me voir ? » 

J’étais véritablement surpris par la vigueur d’esprit de cet écureuil,  par son envie manifeste d’échange et son intérêt pour le genre humain.

« J’essaierai de revenir, mais ce ne sera pas tout de suite, je suis souvent occupé par mon travail. » 
J’en profitai pour lui expliquer que le travail est notre façon à nous humains de fouiller le sol à la recherche de glands et de pommes de pin pour les mettre de côté avant l’hiver. Il sembla satisfait de cette nouvelle image. 

Je pris le temps de le remercier pour cet étonnant moment d’échange où l’espace de quelques instants un écureuil et un humain s’étaient compris, avant de quitter mon banc.
C’est pensif mais le coeur léger que je repris mon chemin, émerveillé par la leçon que venait de me dispenser malgré lui ce petit être pétillant d’intelligence et de curiosité.

 

Note : La photo utilisée pour l’article n’est malheureusement pas celle de l’écureuil mentionné dans l’article mais celle d’un tout aussi curieux écureuil gris de Montréal.

3 réflexions au sujet de « Bavardage avec un écureuil »

  1. whouaaaah quelle lecture surprenante et surtout quelle découverte ! Heureusement que je connais ton esprit carré, t et synthétique

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